Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XII. « Ta vie eut des splendeurs de victoire et de joute »
Ta vie eut des splendeurs de victoire et de jouteVibrant encor en leur éclat perpétué,Comme un frivole écho de ton nom salué,!Dans le silence de la chambre où je t’écoute
Des lèvres redisant en mots d’ombre et de douteL’inanité de ton effort évertuéEt le grief d’un rêve en vain infatuéDe l’unique idéal où tu te vouas toute ;
Car ton passé est triomphal de gloire, encorQu’il n’ait su conquérir l’Escarboucle qui dortAux soins du Dragon bleu qui garde qu’on la voie
Et suit de ses yeux clairs d’un éternel éveilCelle qui sur un luth aux sept cordes de soieLui joue un chant propice à l’induire au sommeil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources