Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXV. « Le doux vent, de son aile invisible, balaie »
Le doux vent, de son aile invisible, balaie,Les vains soucis, cendre de l’âme et son seul mal,Et tout ce long Été nonchalent et normalN’avons-nous pas cueilli les roses de la haie ?
Et ce fut l’annuel retour des mêmes choses,Des mêmes rêves las de survivre à jamais,Ces soirs furent les soirs de tous les autres MaisEt ces roses aussi comme les vieilles roses.
La parole vibra comme l’autre paroleEt la conteuse était toujours la même folleEt ce qu’elle contait était dans ma mémoire,
Promesse dont l’issue évasive dépite ;Et ce fut doux pourtant cette identique histoireCelle déjà de tant d’Étés et sa redite.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources