Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XIII. « Vous avez conservé la grâce évanouie »
Vous avez conservé la grâce évanouieEt le charme légué d’un siècle antérieurOù vous eussiez été Nymphe d’un bois rieurEt plein d’échos joyeux de votre voix ouïe.
N’avez-vous pas filé les blonds chanvres rouisEn quelque féodale et massive demeure,Et désolé du don de votre amour qui leurreLes Trianons et les Versailles éblouis ?
Car vous êtes l’Hébé rieuse qui présideAux fêtes dont le cœur sent l’annuel retour,Vous êtes la présente et future Sylphide
Que tous viennent baiser aux lèvres, tour à tour,Et qui m’offre aujourd’hui sa caresse éternelleDont le désir à chaque Avril se renouvelle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources