Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Le mauvais soir
La nuit se fait sereine et douceEt tendre comme mon serment ;Mes larmes tombent lentementSur cette main qui me repousse ;
La nuit se fait douce et sereine…Une étoile est au fond des cieux ;Puisses-tu lire dans mes yeuxL’amour que ta froideur refrène ;
La nuit se fait douce et sereineEt ma voix t’implore tout bas,Par pitié, ne m’écarte pasDe ton geste orgueilleux de reine.
La nuit se fait sereine et douce,La lune luit sur le chemin,Mes larmes tombent sur la main,La main chère qui me repousse.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources