Premiers poèmes, 1885‑1890· Les lendemains 1885
Les cloches
Le ciel est traversé des soudaines voléesDes cloches qu’une main secoue éperdûmentPour annoncer au loin l’heure du DénoûmentParle râle plaintif de leurs voix désolées ;
L’heure où la mort emplit les têtes affoléesDes poignantes terreurs du prochain jugementL’heure où d’autres s’en vont presque joyeusementVers le repos tardif des calmes mausolées.
Il faudra clore aussi vos yeux appesantis,O vous tous, qui suivez le chemin de la Vie,Insoucieux du but de la route suivie ;
Un jour où, par le vent, portés ou ralentis,Monteront dans les cieux remués ou paisiblesLes lointains vibrements de cloches invisibles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources