Premiers poèmes, 1885‑1890· Les lendemains 1885
Temple
O Vénus, sous un ciel d’azur immaculéOù blanchira le vol des colombes fidèlesJe dresserai ton temple au pays reculéOù les rêves secrets viennent ployer leurs ailes.
L’encens mystérieux par mon amour brûléL’emplira de senteurs exquises et mortelles ;Dans cet abri, loin du monde dissimulé,Mon cœur célébrera tes fêtes éternelles.
Et devant la blancheur vivante du ParosOù resplendit l’éclat de ta divine image,Je me prosternerai dans un constant hommage ;
Tandis que, de mon cœur calme comme les flotsD’où jaillit autrefois ton corps sacré que j’aime,Un désir montera vers ta beauté suprême.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources