Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XX. « Les rires et l’écho des rires, ô folie »
Les rires et l’écho des rires, ô folieDe la chair aux frissons des chevelures d’or !Ont fui comme une abeille avec le soleil mortPar delà la forêt que l’automne exfolie.
La Fougueuse a rompu la chaîne qui la lieAux arbres où son torse en révolte se tord.Des feuilles et des fleurs par les chemins encor…Et la terre frivole et sans mémoire oublie…
Les oiseaux pour l’exil ont fui le ciel amer.Oh dors, au bruit sur le sable de cette mer ;Et, pour toujours, au marbre stable où tu reposes,
Au tombeau tiède encor des soleils de l’été,Qu’un hommage sculpté d’acanthes et de roses,Encadre un masque triste et las d’avoir été.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources