Premiers poèmes, 1885‑1890· Poésies diverses 1886-1890
Lied
Le vent balance branche à brancheLes vieux arbres où ont chanté,Hibou noir ou colombe blanche,Notre jour sombre ou notre été.
La pluie est monotone et tendreSur les feuilles et, pas à pas,Par les chemins je crois entendreLa tristesse pleurer tout bas ;
L’arbre vieillit du vert au jaune,Du jaune au pourpre, d’or en or,Et je vois d’automne en automneUn passé qui s’effeuille encor ;
Le bois, cime à cime, balanceLe chêne roux et le pin vert,Et le vent a de grands silencesComme la douleur et la mer.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources