Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XIII. « Mieux que la maison, l’âtre et la vieille servante »
Mieux que la maison, l’âtre et la vieille servanteQui prépare la coupe amère et le pain noir,Il aime par les bois errer seul et se voirLe jumeau qui lui rit en la source vivante.
Vivre et mourir d’après que son ombre mouvanteLe devance ou le suit selon l’aube ou le soir ;Ce qui de lui semblait un autre au clair miroirIl l’exalte en héros mystérieux qu’il hante.
Ce frère fabuleux d’être tel qu’il se songePâme aux mousses sous un or de baie ou d’orongeSes bras nus enfiévrés de vertes émeraudes,
Vers l’heure où doit venir à travers son sommeilMourir en un baiser le cri de lèvres chaudesDes Amantes à l’ongle pur de son orteil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources