Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Le voleur d’abeilles
« Nul ne sait si promis et quelque exil farouche »
Nul ne sait si promis et quelque exil farouche,Héros maudit de son règne déshérité,D’astre annonciateur d’une nativitéN’a pas brillé jadis sa puérile couche ;
Et la conque où s’éveille aux gammes de sa boucheLe progressif écho d’une sonoritéGarde au contact de son pur souffle ébruitéUn peu du rose de la lèvre qui la touche.
Il rayonne à son front des vols d’abeilles d’ors.Au poids de son talon résonnent des trésorsEnfouis en l’horreur de cette solitude
Où sa flèche tua les Oiseaux voyageurs,Et quand sa vierge chair pour le bain se dénudeL’aube d’un sang royal y montre ses rougeurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources