Premiers poèmes, 1885‑1890· Poésies diverses 1886-1890
Paysage marin et pastoral
Les troupeaux ont marché longtemps le long des grèves ;Les coquilles craquaient sous leurs sabots et, versLe soir, comme les agneaux étaient les plus faiblesUn d’eux leva la tête et bêla vers la mer…
Les pâtres abattaient au passage parfoisDe grands oiseaux, frappés au haut de leur vol stable,Qui tombaient, les ailes ouvertes, et d’un poidsDe plumes moites très doucement sur le sable…
Les troupeaux hésitaient devant le crépuscule ;Une agnelle bêla si faiblement que j’aiPleuré d’ennui, de tristesse et de solitude ;Et le grand bélier roux qu’on n’a pas égorgé
Selon le rite avant de partir, pas à pas,Flairait, parmi le sable clair sous le ciel morne,De longues conques en vis d’émaux délicats,Torses et semblant l’ombre torse de ses cornes !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources