Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Portrait
La jupe de satin se casse en plis savantsQui font valoir l’étoffe ancienne qui miroiteEt s’allume d’éclairs irisés et mouvants.
Imperceptiblement un bout de mule étroiteTaquine un peu le bas de jupe qui bruit,Mélange d’embarras et de rouerie adroite.
Elle agite indolente et d’un grand air d’ennuiSon éventail qui pèse à ses mains allongées,Blanches, où l’ongle fin se détache et luit.
Des bouquets délicats de roses, mélangéesDe bluets frissonnants et doux, à peine bleus,Parsèment le satin de gaîtés ouvragées.
Les deux seins entrevus pudiques et frileuxEt que le souffle intermittent gonfle et soulèveFont palpiter le haut du corsage, onduleux
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources