Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Prélude
Prélude
A la source des seins impérieux et beauxJ’ai bu le lait divin dont m’a nourri ma MèrePour que, plus tard, mon Glaive étrange et solitaireNe connût pas la honte aux rouilles des fourreaux ;
A travers la grille d’or torse et les ventauxD’un casque à qui s’agriffe au cimier la chimèreJ’eus une vision vermeille de la TerreOù les cailloux roulaient sous les pas des Héros ;
Et, fidèle à la gloire antique et présagée,J’ai marché vers le but ardu d’un apogéePour que, divinisé par le culte futur
Des Temps, Signe céleste, au firmament, j’élève,Parmi les astres clairs qui constellent l’Azur,Une Étoile à la pointe altière de mon glaive.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources