Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Terrasse
Sur la terrasse qui longeLes jardins en contre-basOù l’herbe envahit et rongeL’allée où l’on ne va pas,
Où les bassins qu’on néglige,Parsemés de floraisons,Ont sur leur eau qui se figeL’apparence de gazons,
Les branches désordonnéesDes arbres que l’on n’a plusTaillés depuis des années,Maintenant, fournis, touffus,
Font une ombre impénétrableOù le soleil de midiLaisse la terre friableEt moisir le banc verdi,
Les arbres comme une houleOndulent au vent du soir,Et la colombe y roucouleSon éternel désespoir.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources