Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XVII. « Un tintement de pluie à la vitre fêlée »
Un tintement de pluie à la vitre fêléeFait sonner doucement le timbre de cristalDu verre s’ouvrant sur un ciel occidentalTriste d’astre défunt et de pourpre exilée.
La ligne d’horizon pâle s’est niveléeAu lent écroulement des dômes de métal,Vestiges dont le pied d’un conquérant brutalProfane à tout jamais la gloire mutilée.
Un déluge tombé d’un ciel d’encre et de soirDispose son linceul et pleut son désespoirSur la ville, à demi détruite, de mon Rêve ;
Et je reste aux carreaux, poings crispés, m’attardantA ce spectacle offert de voir comme s’achèveCette destruction de Ville à l’Occident.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources