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un seul est le mot juste.

prise dans le Littré

3 articles· 112 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· prononciation (4)

1prise s. f. (pri-z')

  1. 1Action de prendre, de s'emparer.

    • Lâcher prise, lâcher, abandonner ce qu'on tenait.

      • La mort fit lâcher prise au géant pourfendu La Fontaine, Fianc.
      • On voit dans l'Inde des millions d'hommes et de femmes.... qui font un bruit prodigieux avec des instruments de toute espèce pour faire lâcher prise au dragon [que l'on croit dévorer la lune pendant une éclipse] Voltaire, Fragm. sur l'Inde, VII
    • Fig. Lâcher prise, cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc.

      • Notre féal, vous lâchez trop tôt prise La Fontaine, Magn.
      • Il y a des gens acharnés contre les préjugés ; on ne leur fera pas lâcher prise : chaque secte a ses fanatiques Voltaire, Lett. d'Argental, 22 oct. 1766
    • Lâcher prise, signifie aussi rendre malgré soi ce qu'on a pris. Il s'était emparé du bien d'autrui ; mais on lui a fait lâcher prise.

    • On dit de même : quitter prise.

  2. 2Action de prendre un navire ; navire capturé. Amener une prise dans le port. Le code des prises.

    • Je fus obligé de faire brûler toutes mes prises marchandes Rapport de Jean Bart, 1696, dans JAL
    • Le roi, voyant que, dans toutes les prises qui ont été faites par les capitaines de ses vaisseaux pendant le cours de l'année dernière, il y a eu tant de malversations de leur part.... Ordre du roi, 1677, dans JAL
    • Le hasard fit rencontrer à Caillières dans les rues un marchand hollandais venu à Paris pour des affaires de prises et de négoce Saint-Simon, 42, 242
    • De bonne prise, se dit des navires appartenant à l'ennemi ou chargés de contre-bande.

      • L'on dit que ce serait une question pour l'amirauté s'il [un vaisseau hollandais] était de bonne prise ou non PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 86
      • Vous savez, monseigneur, qu'il est dit dans le traité [avec Tunis] que les bâtiments français seront obligés d'avoir patente du roi ou de l'amiral de France, sans quoi ils seront de bonne prise Duquesne à Seignelay, 1681, dans JAL
    • Par extension, dans le langage général. Une chose de bonne prise, chose qui peut être ou qui est prise avec justice.

      • ....Forçant un château, tout est de bonne prise Régnier, Sat. IX
    • Fig. Il peut se dire d'heureux emprunts que fait un écrivain.

      • Il a tiré cette scène d'un auteur oublié, cela était de bonne prise Dict. de l'Acad.
    • Part de prise, la somme d'argent qui revient à chaque marin d'un navire qui en a pris un autre, après la vente du navire et de la cargaison, et après le procès qui a décidé de la validité de la prise.

      • Le roi n'aura pas de part à cette prise, parce qu'elle a été faite par les Anglais seuls, et que notre traité avec eux porte qu'ils profiteront seuls de ce qu'ils prendront seuls PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 30
    • Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi.

      • Forlis, mon ami, mon avocat, qui, dans le temps, m'a fait gagner plus d'un procès au conseil des prises PICARD, Capit. Belronde, I, 8
  3. 3Se dit à l'hombre, du fonds que chaque joueur est obligé de faire ou d'avoir devant lui, avant de commencer le jeu.

  4. 4Facilité de prendre de saisir. Avoir, trouver prise. Il n'y a point de prise pour saisir ce ballot.

    • Le moins qu'on peut laisser de prise aux dents d'autrui, C'est le mieux.... La Fontaine, Fabl. X, 9
    • Sa queue [d'un singe] est toujours accrochée, et il ne reste que malgré lui dans une place où elle ne peut avoir de prise Buffon, Quadr. t. XII, p. 149
    • Fig.

      • Je ne vous dirai rien de fort secret des pays que vous savez [la cour] ; ce sont de certaines petites choses qui n'ont point de prise, et qui n'ont pas quasi la force d'être transportées Mme de Sévigné, 26 août 1677
      • Il [Dieu] veut qu'on anéantisse [en soi] tout ce qui n'est pas lui ; et, pour ce qui est de lui-même, il se cache cependant, et ne donne presque point de prise sur lui-même Bossuet, 2e sermon, Assomption, 2
    • Cette chose est en prise, elle est exposée à être prise.

    • Cette chose est hors de prise, on ne peut la dérober, on ne saurait y toucher, y atteindre.

    • Fig.

      • Tel abandonne son père qui est connu, et dont on cite le greffe ou la boutique, pour se retrancher sur son aïeul, qui, mort depuis longtemps, est inconnu et hors de prise La Bruyère, XIV
    • Au jeu d'échecs, il se dit d'une pièce qu'une autre pièce peut prendre. Mettre une pièce en prise. Votre dame est en prise.

    • Au billard, il se dit d'une bille exposée à être blousée.

    • S'ôter de prise, se mettre à l'abri d'être pris.

  5. 5Fig. Capacité à saisir, à comprendre.

    • Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte ; et, si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite éternelle Pascal, Pens. I, 1, éd. HAVET.
    • Voyons si elle [l'intelligence] a quelques forces et quelques prises capables de saisir la vérité Pascal, dans COUSIN
    • Possibilité d'exercer une action intellectuelle ou morale.

      • Ni les honneurs perdus, ni la richesse acquiseN'auront sur leur esprit ni puissance ni prise Régnier, Sat. XVI
      • Une épouse de Jésus-Christ, qui, en se dépouillant de tout, ôte à l'ennemi [le démon] toutes les prises qu'il pouvait avoir sur elle Massillon, Prof. relig. Serm. 2
      • Il est bien difficile que des faits, et même des raisonnements isolés tiennent longtemps dans la mémoire, quand on manque de prise pour les y ramener J.-J. Rousseau, Émile, III
    • Possibilité d'attaquer, de nuire.

      • Ainsi, mon père, j'échappe à toutes vos prises Pascal, Prov. XVII
    • Avoir de la prise sur, modifier les sentiments.

      • C'est cela sur quoi la résignation n'a pas assez de prise Mme de Sévigné, 564
      • La douleur n'a de prise sur moi que lorsqu'elle est absolument intolérable Mme de Genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. 111, dans POUGENS
    • Avoir prise, trouver prise sur quelqu'un, avoir sujet de le reprendre, etc.

      • Elle [Chimène] avoue que c'est la seule prise que la médisance aura sur elle Corneille, Cid, Examen.
      • ... S'il faut que sur vous on ait la moindre prise, Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise Molière, Éc. des f. I, 1
      • Afin d'ôter toute prise et tout moyen d'y répondre Pascal, Prov. X
      • Il n'y point de prise à cette accusation Mme de Sévigné, 13 nov. 1673
    • Avoir prise sur quelqu'un, pouvoir l'arrêter, lui faire sentir de la peine ou du plaisir.

      • Mon cœur tenait encore à des attachements par lesquels mes ennemis avaient sur moi mille prises J.-J. Rousseau, Confess. x.
    • Donner prise sur soi, ou, simplement, donner prise, s'exposer à être repris.

    • Donner prise à la critique, s'exposer à être critiqué.

    • Donner prise, permettre de saisir afin de profiter contre....

      • Les écrits de l'un ne donnent aucune prise aux desseins des autres Pascal, Prov. III
      • Plus une chose est réunie en elle-même, plus elle approche de l'immutabilité ; l'unité ne donne point de prise sur elle, elle s'entretient également partout Bossuet, 5e sermon, Vêture, 2
  6. 6Dispute, querelle.

    • N'avez-vous pas eu prise avecque votre frère ? Rotrou, Vencesl. IV, 4
    • Vauban et du Metz ont eu aujourd'hui quelque prise ensemble devant le roi PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 236
    • Richelieu venait au secours de mon père sur des avis qu'on lui avait donnés, ou sur des prises qu'il avait eues avec le roi Saint-Simon, 6, 86
    • Familièrement. Prise de bec, querelle en paroles.

    • En venir, en être aux prises, se saisir, se combattre. Les deux armées, les deux combattants en sont aux prises. Deux chiens qui sont aux prises.

      • Les voilà aux prises, pieds contre pieds, mains contre mains Fénelon, Tél. XVI
    • Par plaisanterie, en venir aux prises, attaquer un bon diner.

    • Fig. Être aux prises, en être aux prises, se dit de personnes qui disputent les unes contre les autres.

    • On dit de même : je les ai mis aux prises, je les ai laissés aux prises.

      • Soit pour s'amuser, soit pour corriger deux misanthropes l'un par l'autre, M. de Laval voulut les mettre aux prises ; il envoya prier Alceste à dîner Marmontel, Contes mor. Mis. corr.
    • Être aux prises, en être aux prises, se dit aussi de personnes qui jouent les unes contre les autres. Nos joueurs en sont aux prises, sont aux prises.

    • Fig. Être aux prises avec soi-même, être dans un déchirement intérieur.

      • Une âme réprouvée aux prises, si j'ose me servir de cette expression, avec Dieu et avec elle-même Bourdaloue, Jugement dern. 1er avent, p. 58
      • Tout décèle ses secrètes agitations ; et, si je feins de m'y tromper, c'est pour le laisser aux prises avec lui-même, et occuper ainsi une partie des forces de son âme à réprimer l'effet de l'autre J.-J. Rousseau, Hél. II, 2
    • Fig. Être aux prises avec la mort, être en grand danger de mourir, être a l'agonie.

      • Si je vous fais voir encore une fois Madame aux prises avec la mort Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Fig. Être aux prises avec la mauvaise fortune, être dans l'adversité.

      • Il faudra que je lutte contre l'adversité, il y a longtemps que je la connais et que je suis aux prises avec elle Marmontel, Mém. III
  7. 7Terme de musique. Prise du sujet, l'instant où une partie s'empare du sujet de la fugue pour faire son entrée.

  8. 8Terme de vétérinaire. Prise de longe, voy. LONGE.

  9. 9Prise d'essai, morceau de monnaie pour essayer.

  10. 10Ancien terme de jurisprudence criminelle. Prise de corps, action d'arrêter un homme en vertu d'un acte du juge.

    • Ne décernez point de prise de corps contre ce coupable qui a une armée pour se défendre de vos sergents Guez de Balzac, 6e disc. sur la cour.
    • Voici bien d'autres nouvelles, dit-il : des huissiers déménagent la maison de Monsieur et de Madame ; tout est saisi par des créanciers ; on parle de prise de corps Voltaire, Jeannot et Colin.
    • La sentence elle-même qui ordonne la prise de corps.

      • J'appris que M. de Nevers avait eu une assignation pour être ouï, et que son capitaine des gardes et son intendant avaient eu des prises de corps pour avoir maltraité, à Nevers, un huissier du parlement DANGEAU, I, 126, 24 févr. 1685
  11. 11Terme de procédure. Prise à partie, le recours qu'exercent les plaideurs contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi. (La locution signifie : prise du juge comme partie, comme adversaire du plaideur.)

  12. 12Terme de droit. Prise de possession, acte solennel par lequel on se met en possession d'une charge, d'un emploi, d'une contrée.

    • La première découverte bien constatée fut une prise de possession légitime Raynal, Hist. phil. VIII, 1
  13. 13Prise d'habit, cérémonie, dite aussi vêture, qui se pratique quand on entre dans un ordre religieux.

    • Je veux bien que vous veniez à cette prise d'habit Bossuet, Lett. Corn. 50
  14. 14Prise d'eau, action de détourner d'une rivière, d'un étang, une certaine quantité d'eau pour un certain usage.

    • À mesure qu'on peut alimenter un canal dans ses parties inférieures par de nouvelles prises d'eau GIRARD, Instit. Mém. scienc. 1821 et 1822, t. v, p. 45
    • Concession qui donne ce droit.

    • L'eau elle-même qui est détournée.

    • Prise d'air, action de percer une ouverture pour faire entrer l'air dans un endroit clos, et, particulièrement, dans un calorifère.

    • Prise de vapeur, appareil servant à conduire la vapeur de la chaudière d'une machine dans le cylindre.

  15. 15Prise d'armes, action de prendre les armes, et de se réunir pour un service.

    • Fig. Soulèvement, insurrection.

      • Il ne lui reste [à Jurieu], pour soutenir la prise d'armes de ses pères, ni autorité ni exemple Bossuet, 5e avert. 30
  16. 16Dose d'un médicament pour prendre en une fois. Une dose de quinquina en poudre divisée en six prises. Une demi-prise.

    • J'ai pris hier de la poudre du bonhomme ....je crois que cette dernière prise achèvera de me guérir Mme de Sévigné, 15 mars 1676
  17. 17Prise de tabac, pincée de tabac.

    • Absolument. Prise de tabac. Donnez-moi une prise.

  18. 18Dans les fabriques de soieries, nombre de cordes réunies qui composent une partie de fleurs ou de feuilles du dessin.

  19. 19Action d'une substance qui se solidifie, qui se coagule.

    • La prise des ciments FREMY, Acad. des sc. Comptes rendus, t. LXVII, p. 1206
    • Des pouzzolanes à prises lentes ou à prises rapides FREMY, ib. p. 1208
    • Faire prise, se dit d'une substance coagulable qui commence à se coaguler. Quand le collodion fait prise.

    • On dit aussi en ce sens : prise de consistance.

      • La prise de consistance des gueuses à la tête et à la queue Buffon, Hist. min. introd. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 49
  20. 20

    • Prise, ensemble des bassins d'évaporation compris dans une même enceinte de digues, Enquête sur les sels, 1868, t. I, p. 511
  21. 21Se dit des bois de flottage qui sont pris par les sinuosités du ruisseau, qui s'y arrêtent.

    • Il est indispensable d'échelonner, le long du courant, un grand nombre d'ouvriers qui, à l'aide de longs crocs, sont chargés d'éviter les prises des bois et de les déprendre aussitôt qu'elles se forment, afin de ne pas entraver la marche des bûches Mém. de la Soc. centrale d'agric. 1873, p. 258

Étymologie

Prov. presa, prisa, prea ; espagn. et ital. presa ; du lat. prensus, pris, de prehendere (voy. PRENDRE).

2pris, ise part. passé (prî, pri-z')

  1. 1Saisi, retenu.

    • Fig.

      • Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est pris Bossuet, Sermons, Impénit. 1
      • Elle avait entrepris De l'arrêter au piége où son cœur était pris Racine, Alex. I, 3
    • Pris dans le licou, se dit d'un cheval enchevêtré dans le licou de manière à se blesser.

    • Terme de marine. Un bâtiment qui vire de bord est dit pris lorsque ses voiles sont masquées et qu'il continue à lofer.

    • Pris de calme, de mauvais temps, par les glaces, se dit d'un navire qui se trouve en mer, sous l'influence du calme, d'un mauvais temps, ou qui est enfermé par les glaces.

  2. 2Qu'on tient, qu'on occupe.

  3. 3Il se dit des aliments, des boissons. Un repas pris à la hâte.

    • Un peu de vin pris modérément est un remède pour l'âme et pour le corps Voltaire, Memnon.
  4. 4Considéré.

    • Prise dans toute son étendue, cette région est bornée, à l'occident, par la mer Caspienne et la Perse Raynal, Hist. phil. V, 17
    • Pris ensemble, se dit d'objets que l'on considère simultanément.

      • [Chez un singe] la queue aussi longue que la tête et le corps pris ensemble Buffon, Quadrup. t. VII, p. 168
  5. 5Surpris.

    • Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne comme elles se trouvaient Saint-Simon, 12, 144
  6. 6Emprunté, tiré de.

    • La double reconnaissance qui finit le cinquième acte est prise du roman de D. Pélage ; elle eut d'abord grand éclat sur le théâtre Corneille, D. Sanche, Examen.
    • Quoique la maxime soit admirable et prise même du Seigneur, de dire qu'à chaque jour suffit son mal Mme de Sévigné, juill. 1690
    • [Chez Milton] on se bat dans le ciel à coups de canon ; encore cette imagination est-elle prise de l'Arioste Voltaire, Dict. phil. Épopée.
  7. 7Fixé, arrêté, déterminé.

  8. 8Affecté de, en parlant de quelque maladie. Pris de la fièvre.

    • Pris de vin, ivre.

      • Des Allemands déboutonnés, plus en désordre, plus pris de vin et plus barbouillés de tabac que des petits-maîtres français Lesage, Diable boit. 1
    • Terme d'hippiatrique. Pris de chaleur, se dit d'un cheval auquel survient une congestion pulmonaire.

    • Pris de la fumée, se dit d'un cheval qui éprouve un commencement d'asphyxie.

  9. 9Séduit.

    • [Judith] ayant paru devant Holoferne, il fut aussitôt pris par les yeux Saci, Bible, Judith, X, 17
    • Julien fut pris par ces apparences Bossuet, Hist. II, 12
    • Qui éprouve le sentiment de l'amour.

      • Lorsque le cœur est pris, on n'écoute plus rien HAUTEROCHE, Espr. follet, I, 7
      • Tu es prise, pauvre cousine, tu ne peux plus t'en dédire J.-J. Rousseau, Hél. V, 13
      • Ah la pauvre petite ! comme elle tremble en chantant ! elle est prise, monseigneur BEAUMARCHAIS, Barb. de Sév. I, 6
    • Préoccupé.

      • J'étais toute prise de cette pensée en écrivant à madame de Vins Mme de Sévigné, 434
      • Corbinelli a été charmé de la peinture au naturel de votre savantas.... cet homme pris et possédé de son savoir, qui ne se donne pas le temps de respirer ni aux autres.... Mme de Sévigné, 26 janv. 1689
  10. 10Trompé.

  11. 11Interprété.

    • Ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficace Pascal, Prov. XVII
    • Voilà, monseigneur, de ces avis que je vous donnerai, afin que vous sachiez comment les choses sont prises ici Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 10 nov. 1695
    • Bien pris, mal pris, dont on se fait une bonne, une mauvaise opinion.

      • L'opinion de l'immortalité de l'âme, mal prise, a engagé les amis à se tuer Montesquieu, Esp. XXIV, 19
    • Pascal a employé pris au sens de conçu.

      • S'ils y pensaient sérieusement, ils verraient que cela [l'incrédulité] est si mal pris, si contraire au bon sens, si opposé à l'honnêteté Pascal, Pens. IX, 1, édit. HAVET.
  12. 12Une personne bien prise dans sa taille, une personne bien faite, bien proportionnée.

    • On dit dans le même sens : avoir la taille bien prise, être de taille bien prise.

      • Covielle : Pour sa taille, elle n'est pas grande. - Cléonte : Non, mais elle est aisée et bien prise Molière, le Bourg. III, 9
      • Il ajoute que le teint des hommes et des femmes [à Siam] est basané, que leur taille n'est pas avantageuse, mais qu'elle est bien prise et dégagée Buffon, Hist. nat. Hom. Œuv. t. V, p. 35
    • Ce cheval est bien pris, il a le corsage bien fait.

    • Pris des épaules, se dit d'un cheval dont les mouvements des membres antérieurs sont peu libres.

  13. 13Gelé.

    • Toutes nos rivières sont prises : le Rhône, ce Rhône si furieux n'y résiste pas Mme de Sévigné, 3 fév. 1695
    • Dans le fond des grandes rivières, qui sont celles qui charrient le plus de glaçons (car les petites sont assez promptement prises en entier), on ne trouve jamais de glaçons BRISSON, Traité de phys. t. II, p. 208
    • Il se dit des objets saisis par les glaces. Un navire pris dans les glaces.

      • On trouva son corps [de Charles le Téméraire] couvert de boue et pris dans la glace Duclos, Œuv. t. III, p. 128
  14. 14Coagulé.

    • Dès que le lait est suffisamment pris Mme de Genlis, Maison rust. t. II, p. 57, dans POUGENS
  15. 15Au jeu de lansquenet, il est pris, sa carte est prise.

Proverbes

À parti pris point de conseil. C'est autant de pris sur l'ennemi, c'est obtenir un avantage là où l'on n'en espérait plus, c'est tirer quelque parti d'une mauvaise affaire. Aussitôt pris, aussitôt pendu, se dit des personnes ou des choses sur lesquelles on prend une prompte décision, qu'on emploie aussitôt qu'elles se présentent.

3prisé, ée part. passé (pri-zé, zée)

  1. 1Dont on a fait l'estimation.

    • Car mieux vaut, tout prisé, Cornes gagner que perdre ses oreilles La Fontaine, Faiseur.
  2. 2Dont on fait cas.

    • Comme la marchandise n'était pas fort prisée dans son pays, il le quitta Montesquieu, Lett. pers. 142

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander